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20. LE MOINE CAPUCIN PDF Print E-mail
Written by Patrick Pahlavi   
LE MOINE CAPUCIN.


 

 

 

 

Cette même année je recevais un coup de téléphone d'un moine capucin, le révérend père Guglielmo Gattiani. Il voulait me voir de toute urgence et se proposait de m'inviter à Rome pour un congrés eucuménique interreligieux. Malheureusement, les moyens avec lesquels je vivais, ne me permettaient pas d'aller jusqu'à Rome. Ce que je regrettais car j'aurais bien aimé le recontrer. Il m'écrivit alors, m'adressant un fax suivie d'une lettre dans laquelle il y avait l'original d'un autre fax qu'il avait envoyé au Vatican. Dans ce dernier, il demandait au Saint Siège que le conte que j'avais écrit, La fille d'Imran, soit largement diffusé.

Le Vatican ne répondra pas à son message et le moine mourra un mois après m'avoir contacté, d'une crise cardiaque. Ayant parait-il opéré quelque miracles, dont, la guérison d'une cancéreuse, il sera très vite proposé en procès de béatification. Ce qui est important de noter ici c'est que le texte qu'il demandait au Vatican de diffuser était ce même conte que j'avais écrit en 1991 et que je voulais remanier. Je prenais cette marque de soutient comme un signe confirmant  mon intuition et me trouvais renforcé dans mon effort. Dans cette période difficile de ma vie, ce vieux moine m'apportait soudain un soutien et une force inespérés.

C'est ce soutien morale pour ne pas dire spirituel qui me décida de me mettre en action. Le fait qu'un moine capucin, gardien de la Terre Sainte, ait  prit sur lui de demander au Vatican de faire connaitre mon texte, me réveillait. Mon but était à présent, au delà d'un livre, de porter mon conte à l'écran. J'écrivais et demandais à l'éditrice d'écrire, à un grand nombre de personnalités tant du monde politique que celui de la presse et celui de la religion, pour présenter le projet et j'obtins de nombreuses réponses très positives.

N'oublions pas que nous étions en pleine affaire du voile en France à cette époque. Le fait que les ministres de l'Education ainsi que de la Communication et de la Culture soutiennent et donnent des ordres précis pour que mon projet voit le jour, prénait un relief tout particulier. D'autant plus spécial que le CNC ( Centre National pour le Cinéma ) avait mandaté monsieur Avignon, de façon toute exceptionelle, pour trouver des producteur pour mon texte. D'autre part, des représentant religieux des trois religions monothéistes, y compris le Pape Jean Paul II, Mgr Di Falco, le cardinal Antonetti, mais aussi le recteur de la grande mosquée de Paris, monsieur Dalil Boubaqueur, Emile Moatti, secrétaire de la Fraternité d'Abraham, ainsi que le célèbre écrivain André Chouraqui soutenaient le projet.

J'avais beau accumuler les éléments de succès quasi-certain, la petite dame se refusait contre toute logique à éditer mon texte. Pendant les cinq années que dura cette cavale,  j'avais beau lui rappeler régulièrement que si elle ne voulait  pas travailler, c'était bon, que j'irais voir ailleurs, inlassablement elle répétait que non, qu'elle voulait continuer. Elle avait juste des problèmes qu'elle n'avait pas  prévus, mais ce n'était qu'une question de quelque mois. Ce qui est plus troublant c'est que pendant ce temps elle éditera des dizaines de livres qui ne bénéficiaient d'aucun support médiatique.

J'avais malgré tout, dans mon aventure de misère, un court répis où, créant des couvertures pour d'autres ouvrages, je pouvais me payer une reprise de thérapie Primal. Pure miséricorde et combien inattendue, une thérapeute du Primal Center de Los Angeles était soudain là, à Paris. Tant d'années passées à essayer de survivre à la fermeture du Centre Primal Européen, alors que ma thérarie était loin d'être terminée, m'avaient quelque peu durcit la peau.

Valérie, tel était le nom de cet archange descendu du ciel. Elle était délicate et fine, portait de longs cheveux blonds et des jeans façon sixties. Derrière son look très californien et presque hippie, se cachait une vraie professionnelle qui se donnait à fond. Elle sentait à l'instinct ce qu'il fallait faire. Malheureusement, elle ne devait rester à Paris qu'un peu plus d'une année et le choque de son départ fût pour moi catastrophique. Je me refermais comme une huitre et stagnais dans l'eau noire de ma solitude intérieure. Art Janov dirait que je vivais une intrusion permanente du premier niveau.

Cet abandon si brusque laissait filtrer jusqu'à ma conscience, ces mémoires de naissance où, en me bloquant jusqu'à la mort, ma mère avait imprimé en moi ce sentiment d'abandon. Mais il y avait une autre donnée inhérente à ces mémoires, j'y étais, souvenons-nous, totalement bloqué et incapable d'aucun mouvement.  C'est ce qui m'arriva à nouveau. Finit les couvertures de livre, je ne pouvais plus rien créer. Le contact aux autres m'était très pénible et le moindre rendez-vous m'insupportait. Submergé par ces sentiments d'isolation glanés à la naissance, j'avais du mal à communiquer.

En juin 2006, notre éditice stoppait net, sans prévenir et sans fournir la moindre explication, l'aide désuète, voir misérable, glissée tous les matins sous ma porte. Mais le plus fort c'est que j'avais toutes les peines du monde à récupérer les droits qu'elle détenait sur mes textes. Elle ne se présentait  même pas pour rompre notre contrat, c'est un membre de la franc-maçonnerie qui m'apportera un texte pré-signé.

j'ai décidé d'évoquer la petite dame dans ce livre, sans donner son nom. Dans mon aventure elle n'est qu'une lampiste et je ne veux pas perdre mon temps à la combattre. Ce n'est en effet pas contre elle que doit être mené le combat pour ma libération et mon retour au statut de citoyen à part entière et libre, mais contre ceux qui l'ont mise en place et ont commandité son crime.

 

 
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