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19. BACK TO PARIS AGAIN PDF Print E-mail
Written by Patrick Pahlavi   
BACK TO PARIS AGAIN.


 

 

 

 

Nous étions en 1996 et dès mon retour à Paris je constatais un bémol dans le tableau alléchant qu'avait brossé la petite dame. Le logement confortable dont elle m'avait parlé était en fait un petit local au fond d'une cour, à côté des poubelles, dont elle se servait comme d'un débaras où elle entassait ses livres invendus. Je ne me formalisais pas et faisais avec les piles de livres qui emplissaient l'espace où je vivais. Lorsqu'on a été clochard on supporte beaucoup de choses. C'était juste que les promesses qui m'avaient été faites n'étaient à nouveau pas tenues et que ça, malheureusement, je connaissais. Croyant en mes capacités, mon but restait de faire de l'argent le plus rapidement possible pour vivre sur mes propres pieds et aider mes trois fils dont la vie n'ètait pas rose non plus. J'avais en tête deux projets: reprendre tout d'abord le coeur du livre qui avait été confisqué et le réadapter à la nouvelle donne politique internationale. En suite, remanier un conte que j'avais écrit voici quelque années, afin de l'étoffer et qu'il puisse atteindre les objectifs que je lui avais fixé.

 

Le salaire mirobolant, lui aussi, avait fait  place à un mince pécule glissé sous la porte chaque matin dans une enveloppe. Juste assez pour manger et se garder propre. Le fait de recevoir de l'argent au jour le jour me pénalisait quand même car cela me retirait toute autonomie: je devais pointer. Je devenais ainsi une proie que l'on pouvait facilement surveiller. On verra plus loin dans ce livre que cela faisait partie du piège que l'on m'avait tendu. Pourtant, ces désagréments loin de me décourager, attisaient au contraire mon envie de m'en sortir. Je faisais contre mauvaise fortune bon coeur comme on dit, et plaçais tout mon espoir dans mon écriture.

N'ayant pas perdu mon intérêt pour la politique et les dévoiments de l'Islam, en 1998, j'enregistrais une cassette vidéo dans laquelle je m'adressais directement à Oussama Ben Laden. Je le mettais au défi de produire un seul verset du Coran qui l'autoriserait à tuer des innocents. La cassette lui fût envoyée par deux cannaux différents. Malgré cela, je n'étais pas certain qu'elle lui soit arrivé et même si elle l'était, il y avait peu de chance qu'il y réponde car son action n'avait aucune base coranique. C'est pourquoi j'envoyais des doubles de ma cassette à la plupart des média et surtout aux télés. J'essayais de leur expliquer que les terroristes constituaient des cibles évanescentes parce que leur territoire -- le Coran -- n'était pas géographique mais virtuel. C'était seulement là que l'on pouvait les atteindre. Or, et grâce au Ciel, le terrorisme était en contradiction flagrante avec l'esprit et la lettre du Coran. Ce n'était donc pas difficile de leur ôter leur aura de sainteté auprès des masses musulmanes et de montrer ce qu'ils étaient vraiment: des assassins. L'effort à consentir n'était pas militaire, au départ en tous cas, mais c'était un effort d'information médiatique qui devait être massif si l'on voulait qu'il porte ses fruits. Juste rappeler aux musulmans que l'Occident n'était ni dupe ni aveugle, qu'il savait lire le Coran et que leurs crimes y étaient condamnés.

Je savais que si j'arrivais à ammener Ben Laden dans un débat publique sur le terrain du Coran, j'allais le confondre. Ce que j'avais besoin c'était une tribune à la mesure de l'événement, afin qu'il ne puisse se dérober. Et s'il se dérobait, c'était alors qu'il n'avait rien à dire et de ce fait, perdrait automatiquement sa crédibilité.

Cette façon de procéder n'était peut-être pas conforme avec les méthodes de l'Occident, mais elle l'était avec celles, archaïques, toujours en vigueur en Orient. Là, le combat d'homme à homme reste toujours l'attraction privilégiée.

Curieusement, aucun média occidental ne trouva interessant de se prêter à ma démarche. Pourtant des moines chrétiens avaient utilisé le procédé aux premiers siècles de l'expansion musulmane. Ils avaient discuté, le Coran à la main, avec les guerriers de l'Islam qui venaient d'occuper leur ville, et obtenu leur retrait. J'ai été journaliste et je sais que même d'un point de vue purement mercantile, le sujet était vendeur. Or, il s'agissait bien plus que de vendre. Il s'agissait de protéger notre civilisation et tous les moyens devaient être tentés. Qu'y avait-t-il à perdre? Dans l'affaire, j'étais le seul à pouvoir être discrédité. Je reste encore méditatif sur le manque d'intérêts qu'ont manifesté les télévisions pour mon projet. Pourrait-on au moins m'expliquer?

Toujours la même année, je donnais une interview en live sur Radio Los Angeles en persan. Deux heures d'interview durant lesquelles je débattais en directe avec les auditeurs. Tous les sujets étaient abordés. A la fin de l'interview, l'organisateur me dit:

--  La puissance de la bombe nucléaire pakistanaise plus celle de la bombe indienne n'étaient rien à côté de ce que vous venez de déclencher. les standars ont été bloqués jusqu'à plus d'une heure du matin et les gens ont appelé non seulement de tous les Etats Unis mais aussi du Mexique du Canada et de Londres. Nous feriez-vous l'honneur d'animer une émission hebdomadaire d'une heure?

Bien sûr que j'étais d'accord, je n'allais pas me dégonfler! Mais comme pour Louis Powells, comme pour Phillippe Dechartre, comme pour Jacques Attali et tant d'autres, il n'y aura pas de suite. Un iranien travaillant à Radio Los Angeles me donnera pourtant un début de réponse. Il affirmait que juste après l'émission, Farah Pahlavi avait débarqué pour tout saboter. Quoi qu'il en soit, une main invisible, qu'elle soit celle de Farah, du FBI, ou du diable, était encore intervenue.

Je commençais à entrevoir quelque chose auquel je ne pouvais vraiment croire tant c'était énorme et fou. Je gardais mes suspitions pour moi-même mais les événements allaient se charger de me les confirmer et ce, de façon répétitive, jusqu'à ce que je n'ai plus la possibilité de les nier.

J'avais souvent surprit la petite dame en train d'écouter à ma porte ou de me filer dans la rue, mais je pensais que c'était une malade qui n'avait rien d'autre à faire et n'y prêtais pas d'importance. Un jour pourtant rentrant d'un court voyage en Suisse, je découvrais que l'on avait fouillé dans mes affaires, sans que la serrure ne soit forcée. Or, il n'y avait qu'elle et moi qui avions la clé. Ce viol de domicile m'était insupportable et je m'en ouvrais auprès d'elle. Mais bien sûr elle niait contre l'évidence. Elle mentait constament et finissait par s'empêtrer dans ses mensonges, mais son aplomb était tel, qu'elle les soutenait contre la vérité. Une fois par exemple, dans le cadre de notre travail, je lui avait demandé de prendre contact avec deux magazines américains. Quelque jours plus tard elle me dit les avoir contacté mais que notre sujet ne les intéressait pas. Intrigué, j'avais alors moi-même appelé les magazines en question. Les deux me dirent n'avoir reçu aucun appel de la dame. Je parlais alors avec cette dernière. Prise au piège elle se mit à pleurer en disant que c'était un oublie et qu'elle ne recommenserait pas. Dans le travail c'était également l'horreur. Rien ne pouvait jamais être accompli. Nous tournions dans un labyrinthe sans issue et pataugions, coinsées, au fil des jours, des mois et des années, dans des méandres inextricables que j'attribuais encore à cette époque à son seul désordre mental.

Bref, je devais attendre 1999 pour que cette dame qui m'avait retrouvé en 1996 en  promettant monts et merveilles, édite enfin quelque chose de moi. La présentation et le travail d'imprimerie étaient épouvantables. Mais le pire c'est que le bouquin ne reçu jamais aucune couverture publicitaire et qu'en définitif, il ne fût même pas diffusé!

Je comprennais de moins en moins ce que me voulait cette dame? C'était elle qui était venue me rechercher et elle dépensait de l'argent à imprimer des bouquins qu'elle n'essayais même pas de vendre! A quoi jouait-elle et que me voulait-elle au juste? Un jour je lui posais, clair, le marché.

--  Ecoutez, si vous ne voulez pas travailler avec moi ou si vous ne pouvez pas, peu importe. Rendez-moi les droits que vous avez sur mes textes et mettons fin à cette collaboration qui ne mène nulle part.

--  Non , non je veux continuer, j'ai juste quelque problèmes financiers mais cela va s'arranger.

 

 
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