Slice left top
Slice left bottom
   
   
   
 
< Prev   Next >


17. LA MORT DE MA MERE PDF Print E-mail
Written by Patrick Pahlavi   
LA MORT DE MA MERE.


 

 

 

Pendant les huit mois qui précédèrent la mort de ma mère, je la gardais et restais avec elle du matin au soir. Sauf deux heures, après le déjeuner, où mon frère venait la garder afin que j'aille écrire à l'ordinateur chez l'ainé de mes neveux.

Ma mère avait été frappée par une attaque cérébrale due à un usage excessif du tabac. Enfant, l'idée même que ma mère devrait un jour mourir, m'était totalement insupportable. Cette fois on y était. Ses attaques en chapelet finiraient par avoir raison d'elle, c'était une question de mois.

Elle aimait regarder la télé et je passais le plus clair du temps avec elle devant le petit l'écran. Les midis nous allions invariablement déjeuner chez mon frère qui habitait à deux pas. J'aurais beaucoup voulu pouvoir la gâter, lui offrir tout ce qu'elle voulait, mais venant de la cloche directe, je n'avais rien à lui offrir que mon amour et ma présence. J'espère qu'elle se rendait compte de combien je l'aimais.

Durant cette période, j'échangerai une correspondance fournie avec différentes personnalités. Sa Sainteté le Dalaï Lama tout d'abord, qui me dira prier pour le salut de ma mère. Je lui soumettrai également un projet de fête écologique, dans l'idée des grandes fêtes irlandaises des Tuatha Dé Danaan, les Féis, mais cette fois pour la planète toute entière. Car, en fait, pourquoi célébrons nous des fêtes si ce n'est pour nous rappeler ce qui est important? Or, à notre époque plus que jamais, nous avons besoin de nous souvenir que la Terre est le seul abri que nous ayons dans l'univers. Respecter ses équilibres donc, c'est oeuvrer à notre survie. Nous avons également besoin d'édifier une culture mais aussi des coutumes "globales", communes à tous. L'Humanité est vivante lorsqu'elle invente ses fêtes et non pas lorsqu'elle rabâche les fêtes d'une époque révolue. Pourquoi  alors ne pas commencer par la célébration de cette planète qui, dans l'immensité du Ciel, représente notre Locus à tous? Une célébration qui nous unirait en nous rappelant que nous sommes tous issue de la Terre et qu'elle est très importante pour nous. Avec l'humilité qui lui est propre le Dalaï Lama m'écrivit pour me dire le bien qu'il pensait de mon idée et qu'il acceptait d'être le co-président spirituel de cette fête. J'étais très fier.

Des personnalités de la sphère écologique telles qu' Edward Goldsmith, Peter Garrett, le chanteur des Midnight Oil qui s'était énormément investi pour le sommet de Rio, et même le Conseil de l'Europe m'avaient écrit pour m'encourager dans cette voie. En parallèle à ma démarche écologique, j'entretenais une correspondance avec Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II qui répondra à chacune de mes lettres et toujours très gentiment. Mais qu'étais-je, sinon un clochard qui soignait sa mère? J'étais un rêveur qui oubliait que sans aucun argent on ne peut pas faire grand chose dans une société de consommation.

James Dwyer, un druide irlandais que j'avais connu avant de devenir clochard, vint me voir à Nice. Il m'offrait de venir le rejoindre, quand je voudrais, au Connachta en Irlande. J'aimais et j'aime toujours l'Irlande. J'y avais passé de nombreux mois, étudiant la spiritualité proto-celte des Tuatha Dé Danaan à  la bibliothèque de l'université de Trinity College. Mais j'avais une mission sur la terre, celle de donner le maximum de bien-être à ma mère et le reste pouvait attendre. Pourtant, des pressions insupportables et de tous ordres et dont je ne parlerai pas dans ce livre, me poussaient à partir. Un jour n'y tenant plus, j'appelais James qui m'envoya un billet d'avion pour Londres. Ma mère mourrût une dizaine de jours après mon départ et le mal que j'ai dût lui faire en la quittant, me vrille encore le coeur quand j'y pense.

 

 
< Prev   Next >
 
© 2009 Prince of Persia Communication Office