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15.LE PIEGE INVISIBLE PDF Print E-mail
Written by Patrick Pahlavi   
LE PIEGE INVISIBLE.


 

 

 

 Nous étions en 1986. Je gagnais bien ma vie car, en plus de mon travail de journaliste freelance, je travaillais pour cette boite d'import/export dont j'ai déjà parlé et qui me payait correctement. Un jour pourtant le patron me convoqua. Il avait l'air géné et s'exprimait maladroitement: 

--  J'ai un problème que seule la princesse  X Pahlavi peut résoudre. En échange de son aide elle me propose un marché: elle demande que je te congédie!

Il me congédia donc, en me donnant dix mille francs pour faire passer la pilule.

Peu de temps avant cela, une petite dame bizarre était venue me voir à mon bureau. Elle disait écrire un livre sur le Shah et interviewer des personnes l'ayant bien connu. Cette dame me recontactera quelque jours après mon licenciement.

--  J'ai constaté, lorsque je vous ai rendu visite à votre bureau, que vous vouliez crée une organisation pour défendre les enfants utilisés dans les guerres et j'ai trouvé génial! Avec un groupe de dames nous nous sommes consultées et nous aimerions participer à ce merveilleux combat. Nous sommes prêtes à y investir un demi million de nouveaux francs.

L'offre était intéressante et de toute façon je n'avais pas d'alternative. J'en parlais le soir même à mon épouse et nous décidions qu'il fallait accepter.

Le demi million ne vint jamais et l'étrange petite dame me donna un salaire de misère, en attendant une rentrée d'argent disait-elle.

En 1987, le magazine Newsweek m'interviewait. Dans la foulée trois quotidiens américains me contactèrent pour des interviews. Seul le New York Tribune réalisa effectivement l'interview, les deux autres se désistèrent. Mon apparition dans Newsweek avait, je l'apprendrai plus tard, déclenché la panique dans l'équipe de mon cousin Réza Pahlavi et ses amis américains. ( Documents Annexe C)

L'effet ne se fit pas attendre. Dans un ensemble orchestral et orchestré, tous les magazines pour lesquels je travaillais en France, me fermèrent leur porte au nez. Ce n'était pas le fait que le sujet que je traitais avait subitement cessé d'exister. Le problème du terrorisme islamique enflait au contraire comme, hélas, il continue de le faire encore aujourd'hui . De plus, j'étais le seul à le combattre avec les moyens appropriés: les versets même du Coran. Pour moi qui ne me doutais de rien, il y avait quelque chose de totalement incompréhensible dans le fait que, ce que j'avais à dire soit devenu sans intérêt  du jour au lendemain. D'autre part, la petite dame bizarre nous trainait, ma femme mes enfants et moi, dans une existance de plus en plus infernal, jouant du robinet de l'argent au gré de ses humeurs et ce, jusqu'a ce que mon épouse n'y tenant plus, divorce et retourne chez ses parents en Suisse. Elle emmenait les enfants avec elle et je moi, je me retrouvais seul en enfer. Quelque mois plus tard, les enfants revinrent  avec moi de leur propre initiative, ce qui me fit, je dois le dire, très très chaud au coeur.

Malgré tout le travail que cela me donnait tel que laver le linge faire la cuisine, nettoyer et ranger l'appartement, je réussissais à écrire un livre, "Islam contre futur". Ce livre expliquait --  versets du Coran à l'appui -- que l'Islam pouvait s'intégrer à la démocratie et que le conflit entretenu par les uns et les autres était artificiel. Peu de temps avant sa sortie en 1993, deux messieurs se présentant comme étant de la DST, vinrent me voir au bureau de la petite dame.

--  Monsieur Pahlavi, votre livre va vous attirer les foudres des intégristes et nous ne sommes pas là pour protéger tous les suicidaires.

Les dix mille exemplaires de mon livre disparurent  sans laisser de trace!  Tous sauf une petite centaine que j'avais envoyé aux médias et à quelque personnalités du monde politique. Un beau jour Phillippe Dechartre, que je ne connaissais pas et à qui je n'avais pas envoyé mon livre, me contacta. Il m'invitait à déjeuner et avait des choses à me dire. Au restaurant, il avait mon bouquin à côté de son assiette.

--  J'ai beaucoup aimé votre livre. Vous êtes un humaniste, avez-vous pensé à rejoindre la Franc-Maçonnerie?

Je lui avouais que je ne connaissais pas bien mais que pourquoi pas, je n'avais aucun a priori contre. Je n'eûs plus jamais de nouvelles. Quelque temps plus tard ce fût Jacques Attali qui m'appela au téléphone:

--  Bonjour prince, j'ai lu votre livre en vol pour le Khazarstan. C'est un ami commun --  Houchiar Monjazeb -- qui me l'a passé. J'aimerai vous rencontrer.

La rencontre eût lieu au Plazza Athénée en présence de témoins. Je dis ça, pour me rassurer moi-même car tout à l'air tellement incroyable dans mon histoire. Au terme d'une conversation qui fût du reste très agréable et dura près d'une heure, Jacques Attali me proposait trois émissions de télévision. Deux sur France 2 et une sur Canal +. Nous devions nous rappeler dans les prochains jours mais toutes mes tentatives pour le joindre sont restées vaines et infructueuses. Je ne l'ai jamais revu. Mystère complet.

Parallèlement, la petite dame bizarre avait finit par totalement fermer le robinet de l'argent, au point où les huissiers vinrent nous jeter dehors de notre domicile. Je renvoyais alors mes enfants à ma femme, dont les parents étaient très riches, et partais moi-même en clochardie, une contrée que je ne connaissais pas encore.

 

 
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